2018/06/15

REVIEW : Arthur Buck - Le Canal Auditif


Note : 5,5

15 JUIN 2018, PAR STÉPHANE DESLAURIERS


Joseph Arthur : auteur-compositeur-interprète qui fut l’un des premiers instrumentistes à utiliser « l’oversampling »; technique qui lui a permis de se produire seul sur scène en superposant voix et guitares. Peter Buck : guitariste emblématique de la défunte formation R.E.M – maître de la Rickenbacker – qui a dépoussière le jeu arpégé de Roger McGuinn (The Byrds) en greffant juste assez de dissonances, tout en s’inspirant du bon vieux son salopé de Neil Young.

Il y a quelques années déjà, les deux artistes se sont liés d’amitié. Au cours de ces agréables moments passés ensemble, Arthur et Buck planchaient sur un projet musical commun, sans toutefois avoir le temps de le mettre en œuvre. À la fin de l’année dernière, ils se sont donné rendez-vous au Mexique afin d’improviser et de travailler dans le but de découvrir si les atomes crochus personnels pouvaient se transposer sur le plan professionnel. Huit chansons ont émergé de ce « jam session » et une démo tirée de ces sessions de création a été envoyée à la maison de disques New West Records qui a finalement donné son aval à la production de cette première collaboration. Voilà Arthur Buck.

Ayant une connaissance assez approfondie de la carrière de ces deux artistes, j’étais curieux d’entendre le résultat de ce tête-à-tête musical. Eh bien, je ne passerai pas par quatre chemins. J’ai ressenti une certaine déception à l’écoute de ce premier effort. Pas que ce disque soit exécrable. Ces musiciens ont assez d’expérience pour éviter l’échec retentissant. Cela dit, au fil des écoutes, j’en suis venu à la conclusion que je prêtais l’oreille à un disque de Joseph Arthur en bonne et due forme sur lequel Peter Buck joue le rôle figurant, tant celui-ci se fait discret.

Arthur Buck est une création inégale qui repose majoritairement sur la signature distinctive de Joseph Arthur. Buck est un guitariste. Arthur est un compositeur. Normal que le deuxième ait le dessus… mais à ce point ? Les guitares de Buck sont submergées par les rythmes électroniques et les duplications vocales du chanteur, ce qui diminue énormément l’impact « rock » que cette collaboration aurait pu obtenir.

De plus, l’ordre des chansons masque la faiblesse de certains titres; les meilleures pièces étant regroupées en début de parcours. La conclusion de cet album verse dans la catégorie « adulte contemporain ». C’est bien fait, mais l’envie de me préparer une légendaire tisane à la camomille a envahi mon esprit plus d’une fois.

Quelques chansons font adéquatement le travail : le refrain « matraque » dans I Am the Moment, la seule et unique pièce dans laquelle Buck se démarque réellement, Forever Waiting ainsi que la conclusive Can’t Make It Without You. Pour ce qui est du reste, c’est du matériel oubliable. Arthur Buck est un disque correct, sans plus. Ça plaira sans doute aux inconditionnels de Joseph Arthur, un peu moins aux vieux fans de R.E.M.



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